LE CALENDRIER HEBREU

Le calendrier hébraique est une variante du calendrier chaldéen, auquel il ressemble d'ailleurs assez pour que le doute ne soit pas possible.
Un ancêtre des Hébreux, Abraham, était originaire d'Ur, en Chaldée.
Ce peuple se servait déjà d'un calendrier avant d'aller en égypte.
Il connaissait le zodiaque, on a même tenté un curieux rapprochement entre les douze signes et les enfants de Jacob :

Le Bélier
Le Taureau
Les Gémeaux
Le Cancer
Le Lion
La Vierge
La Balance
Le Scorpion
Le Sagittaire
Le Capricorne
Le Verseau
Les Poissons
Gad, "qui combattra tout armé à la tête d'Israël"
c'est Issachar, dont le sens est : " qui se tient dans ses étables"
Siméon et Lévi , "frères dans le crime"
Benjamin, "qui change du matin au soir"
Juda, "qui est un jeune lion"; (ref : "le Lion de la tribu de Juda")
Dina, fille de Jacob
Asen,"le boulanger"
Dan, "qui mordra au talon"
Joseph, "dont l'arc est dans sa force"
Nephtali, "le cerf"
Ruben, "qui se précipite comme l'eau "
Zabulon, "qui habitera sur le rivage de la mer"

Le nombre douze était devenu chez les Orientaux un nombre mystique très favorable.
Avec la numération duodécimale, les douze signes du zodiaque, les douze mois de l'année, les douze heures du jour, il y aura chez les Hébreux les douze tribus d'Israël, et plus tard les douze portes de Jérusalem, les douze apôtres, etc.
Et même, tout près de nous, Napoléon 1er eut ses douze maréchaux.

Lorsque les Hébreux quittèrent l'égypte, ce ne fut pas le calendrier égyptien que Moïse leur donna, mais un calendrier du genre sémite, peu différent de celui que leurs ancêtres avaient connu avant d'aller au pays des Pharaons.
Le début de l'année fut placé le premier jour du mois de Nisan, et donc à la nouvelle lune de Mars, car Nisan correspond à notre Mars-Avril.

L'année hébraïque se composait de douze lunaisons, ce qui faisait un ensemble de 354 jours, année plus courte de 11 jours que l'année solaire de 365 jours.
On s'en aperçut à l'orge qu'on offrait, chaque année, le seizième jour du premier mois, en commémoraison de la sortie d'égypte.

A cause du retard de l'année de douze lunaisons sur l'année solaire, il arriva que les épis d'orge qu'on devait offrir n'étaient pas mûrs ni même en état d'être coupés.
Pour remédier à cet inconvénient, on intercala de temps en temps un treizième mois qu'on plaça à la fin de l'année, après le dernier mois, Adar, et qui fut appelé We-Adar, c'est-à-dire Adar second.

Les Hébreux, pour faire leur intercalation, ne se servaient pas de calcul fixe.
Ils la faisaient chaque fois que les céréales n'étaient pas assez mûres pour être coupées.
Un tribunal de plusieurs membres décidait s'il y avait lieu d'ajouter un treizième mois.
Le Talmud de Jérusalem a conservé trois signes remarqués par les pâtres et admis par les sages :

1- Au mois d'Adar, la température doit être assez avancée pour que les céréales commencent à mûrir et que les arbres fleurissent

2- En ce mois le froid diminue tant qu'en présence même du fort vent d'Est l'haleine le réchauffe

3- A cette époque le boeuf est transi de froid au matin, tandis qu'à midi il va à l'ombre du figuier se détendre la peau.

Or, quand le mois d'Adar n'avait pas ces signes, il y avait lieu d'intercaler un treizième mois.

Les mois chez les Hébreux étaient réglés sur les lunaisons.
Le premier jour du mois était la néoménie, ou nouvelle lune.
Comme la durée d'une lunaison est d'à peu près 29 jours/12, les mois furent alternativement de 29 et de 30 jours, ce qui fit donner aux premiers le nom de caves et celui de pleins aux seconds.

Primitivement les Hébreux désignèrent les mois par des numéros d'ordre; ce n'est que plus tard qu'ils leur donnèrent des noms.
Il y a quelque différence entre les noms d'après la captivité de Babylone et ceux d'avant, ce qui indiquerait que les Hébreux emmenés en captivité auraient rapporté les noms babyloniens des mois.

Voici les noms hébraïques:

1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
8.
9.
10.
11.
12.
13.
Nisan
Lyar
Siwan
Tamouz
Ab
Elul
Tishri
Heschwan
Kislew
Thebeth
Schebath
Adar
We-Adar
30 jours
29 jours
30 jours
29 jours
30 jours
29 jours
30 jours
29 jours
30 jours
29 jours
30 jours
29 jours
intercalaire

Les Hébreux connurent la semaine de sept jours, dont le septième était le sabbat, ou jour de repos.
Cette période fut observée rigoureusement, selon la prescription de Moise, après la sortie d'égypte.
Mais ce peuple connaissait, déjà avant Moise et avant son séjour au pays des Pharaons, la période de sept jours.
Un détail à noter est que les Hébreux n'adoptèrent pas les noms chaldéens, c'est-à-dire planétaires, des jours de la semaine.

Le jour, chez les Hébreux, était compté d'un coucher de soleil à un autre.
Cette façon de mesurer le jour se trouve déjà au premier chapitre de la Genèse, où il est dit en parlant des jours de la création que l'Oeuvre fut faite "soir et matin".
Plus tard, le calendrier hébraïque fut retouché vers le troisième siècle de notre ère. Il en sortit un calendrier qui est encore celui des Juifs d'aujourd'hui.

L'intercalation du treizième mois y fut réglée par le cycle de Méton, formé de dix-neuf années solaires équivalant à 235 lunaisons majeures.
En répartissant les 235 lunaisons sur les 19 années du cycle, on déclara qu'il y aurait douze années de douze mois et sept années de treize mois.
On appela simples les années de douze mois et embolismiques celles de treize.

En même temps on remit le commencement de l'année à l'automne, date à laquelle il était déjà avant que Moïse ne le plaçât au printemps, au mois de Nisan.
Avant Nisan, c'était le mois de Tishri qui était le premier de l'année.
Et ce début de l'année à l'automne était en harmonie avec la façon de faire commencer le jour au soir.
Même après Moïse, le mois de Tishri était resté le début de l'année civile, et le 1er Tishri était célébré par la fête des trompettes ou nouvel an.
Les fêtes du calendrier hébraïque étaient d'abord les néoménies, premier jour du mois, puis la Pâque au 14 Nisan, en souvenir de la sortie d'égypte, la Pentecôte ou fête des semaines, qui arrivait le lendemain de sept fois sept jours après la Pâque.

Le nombre 7 était un nombre sacré chez les Sémites et son carré l'était encore davantage.
On peut faire sur ce nombre 7 des remarques semblables à celles qui viennent d'être signalées à propos du nombre 12.
Avec les sept jours de la semaine et les sept planètes, il y avait ou il y aura les sept couleurs de l'arc-en-ciel, les sept notes de la gamme, les sept sacrements, les sept dons du Saint-Esprit, etc.

" Faut-il pardonner sept fois ?" demandaient les Juifs à Jésus.
"Septante fois sept fois" répondit-il.

Et le sage, avant de parler, tourne sa langue sept fois dans sa bouche.